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Terrains vagues. Poétique de l’espace incertain dans le roman français et québécois contemporain

Marie-Hélène Voyer

couverture de l'ouvrage Terrains vagues. Poétique de l’espace incertain dans le roman français et québécois contemporain

Référence complète :

Marie-Hélène Voyer, Terrains vagues. Poétique de l’espace incertain dans le roman français et québécois contemporain, Québec, Éditions Nota bene (« Contemporanéités »), 2018, https://doi.org/10.34847/nkl.2d62860p

ISBN : 978-2-89518-628-1

ISBN pdf : 978-2-89518-629-8

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Terrains vagues. Poétique de l’espace incertain dans le roman français et québécois contemporain


Marie-Hélène Voyer

Maisons en ruine, villes labyrinthiques, hôtels miteux, squats, chantiers, baraquements et autres habitations précaires : dans de nombreux romans français et québécois du tournant du XXIe siècle, l’espace, considéré comme valeur de refuge, est remis en question. Ces fictions proposent différentes représentations d’une habitabilité malaisée de l’espace alors que leurs personnages sont tiraillés par divers désirs de retranchement, d’égarement, de fuite ou de destruction.

Par quels procédés descriptifs et narratifs, par quelles figures et configurations se noue cette mise en scène d’un espace insaisissable où les lieux et les personnages apparaissent poreux, où les frontières sont perméables et où la perception spatiale est remise en question ? Dans cet essai, Marie-Hélène Voyer propose de définir cette poétique de l’espace incertain qui traverse les romans contemporains tant en France (Éric Chevillard, Marie NDiaye, Christian Oster, Marie Redonnet, Pierre Senges) qu’au Québec (François Blais, Nicolas Dickner, Karoline Georges, Bertrand Laverdure, Catherine Mavrikakis et Gaétan Soucy).

Les représentations de l’espace incertain dans les romans actuels témoigneraient vraisemblablement d’un monde en déficit d’autorité, reposant sur la labilité des frontières et des cadres spatiaux-temporels, ainsi que sur la volatilité de la mémoire et de la perception.

À propos de l’autrice

Marie-Hélène Voyer est professeure de littérature au Cégep de Rimouski. Elle vient de publier Expo habitat, son premier recueil de poésie, aux éditions La Peuplade.

Table des matières

  • Remerciements, p. 7.
  • Liste des abréviations, p. 9.
  • Introduction, p. 11.
    • Retour au réel, retour à l’espace, p. 13.
    • Mémoires et territoires, p. 15.
    • Vers une poétique de l’espace incertain, p. 17.
    • Romans de l’espace incertain, p. 19.
    • Cadre théorique et méthodologie, p. 29.
      • Une approche transnationale, p. 29.
      • La poétique : tentative de définition, p. 32.
      • D’autres territoires critiques, p. 36.
      • Étendue, espace, lieu : quelques repères notionnels, p. 39.
      • Structure générale de l’ouvrage, p. 43.
  • Partie 1. « De quoi se sentir irrémédiablement en marge des choses » : habiter, errer, s’égarer, p. 43.
    • Chapitre 1. Malaise en la demeure : renversement et brouillages des lieux du quotidien, p. 53.
      • Formes et dérives du chez-soi, p. 53.
      • « Rien n’a été prévu pour nous » : espaces de la marginalité et de l’exclusion, p. 57.
        • La tentation de la normalité ?, p. 62.
      • Porosité des frontières et renversement des conventions, p. 70.
        • Brouillages verticaux, p. 73.
        • Mise à mal parodique de la notion de frontière, p. 76.
      • La tentation de la destruction, p. 82.
      • Conclusion : un monde interchangeable, p. 88.
    • Chapitre 2. « La géographie n’est pas mon fort » : stratégies d’évitement, de contournement et de mise à distance du voyage, p. 91.
      • Entre illisibilité et déceptivité : de la fin du voyage dans la littérature contemporaine, p. 91.
      • Forme du ralentissement : errer, bifurquer, p. 97.
      • En périphérie de l’évènement : évitement et contournement, p. 101.
      • Obsession pour les lieux liminaux, p. 106.
        • Virtualisation du voyage, p. 108.
        • Exotisation du proche, p. 110.
        • Quelques problèmes de franchissement : topoï de l’arrivée et du départ, p. 112.
      • Un agacement à l’égard de la description, p. 113.
        • « L’exotisme saboté », p. 115.
      • Fascination signalétique et passion toponymique, p. 116.
        • Une tentative de domestication de l’espace ?, p. 120.
      • Conclusion : des « expériences non cardinales de l’espace », p. 122.
    • Chapitre 3. « Du décor, du décor et encore du décor » : villes-labyrinthes et autres espaces de disjonction, p. 125.
      • Un imaginaire de la désorientation, p. 125.
      • Espaces informes : de la ville organique à la ville électronique, p. 131.
      • Corps en chantier, corps rafistolés, p. 137.
      • Entre anorientation et désorientation : trajectoires confuses, p. 141.
      • Stratégies du vertige : un monde en boîte, p. 145.
        • Spectacle, écrans, façades, p. 150.
        • Villes textuelles, villes artificielles, p. 156.
      • Conclusion : la ville comme espace de disjonction, p. 159.
  • Partie 2. « Un imaginaire de la fragilité et de la dévastation » : ruines, spectres et imaginaire de la fin, p. 163.
    • Chapitre 4. Espaces de la ruine : poétique du vestige et du vertige, p. 165.
      • Écrire sur des ruines, p. 165.
      • L’altération en héritage, p. 170.
        • Duplicité et leurres : ruines retorses, p. 174.
      • Se soustraire : corps en ruine, p. 176.
        • « Un vrai foyer d’infection » : imaginaire de l’infestation et de l’intrusion, p. 180.
      • Ordonner le chaos : rituel, répétition, ressassement, p. 186.
        • Espace-temps confondus : deuil et mélancolie, p. 190.
        • Engloutir, exhumer : les lieux de l’oubli, p. 193.
      • Conclusion : la ruine comme figure discontinue et mobile, p. 201.
    • Chapitre 5. Présence des fantômes : spectralisation et oscillations de l’espace, p. 205.
      • Espaces troubles, espaces spectraux, p. 205.
      • Imaginaire de la dissolution, p. 208.
        • Espace de saturation, p. 213.
        • Lieux amnésiques, p. 217.
      • Habiter l’oubli, éviter l’exclusion, p. 222.
      • Se fondre, se dissoudre dans l’espace : corps spectraux, p. 225.
        • Se terrer, s’enterrer : formes du retranchement, p. 228.
      • Conclusion : la spectralité comme réalité d’effraction, p. 234.
    • Chapitre 6. Imaginaire de la fin : indéterminations des savoirs, des temps et de l’espace, p. 239.
      • Destruction imminente : le fantasme de la fin, p. 239.
      • Plaidoyers pour l’incertitude, p. 245.
        • Savoirs à investir, savoirs à invertir, p. 250.
        • Se reconstruire sur des restes, p. 255.
      • L’anticipation de la destruction : rituel, répétition et report, p. 258.
        • Corps et temps pétrifiés : une occupation immobile de l’espace, p. 261.
      • Tromper les plans, ruiner les ruines, p. 264.
        • « Mon apocalypse mobilise tout » : vertiges de la destruction, p. 268.
        • Géographies postapocalyptiques et poétique de la dérive, p. 272.
        • Persister, s’accrocher : habiter l’après-destruction, p. 275.
      • Conclusion : un triple vacillement, p. 277.
  • Partie 3. Imaginaires de la perception et perceptions imaginaires, p. 283
    • Chapitre 7. « Inquiéter le voir » : auto-aveuglement et autres limitations de la perception, p. 291.
      • Un terrorisme de la perception ?, p. 291.
      • Lieux de distortion et d’oubli, p. 294.
      • Fixer/figer/conserver le lieu, p. 299
        • Guetter la fissure : une légère obsession pour le dérèglement, p. 304.
      • Déplacements, retranchements, p. 307.
        • Arpentages mentaux, p. 309.
      • Écrire, décrire, énoncer le lieu, p. 312.
        • Ambiguïtés de la voix énonciative et effondrement de l’autorité narrative, p. 316.
      • Conclusion : « inquiéter le voir », p. 323.
    • Chapitre 8. « C’est fou les mondes que mes sens enregistrent  » : porosité sensorielle et illimitation perceptive, p. 327.
      • Des enquêteurs désorientés, p. 327.
      • En quête de balises : des narrateurs ambigus, p. 333.
      • « Ma description dure dix minutes » : dérapages et excès descriptifs, p. 345.
        • Ciseler le réel : mathématisation et mécanisation de la description, p. 352.
      • « Nous étions faits pour que l’on nous efface » : porosité entre le corps et l’espace, p. 358.
        • Détruire, saccager, (s’)effacer, p. 363.
      • Conclusion : « Regarder librement les ruines du monde », p. 366.
  • Conclusion, p. 369.
    • Romans du lieu, romans de la frontière, romans du passage : formes de la localisation, p. 374.
      • Localisation minimale, p. 374.
      • Localisation permutable, p. 376.
      • Localisation maximale, p. 377.
    • Principales figures de la poétique de l’espace incertain, p. 379.
      • Figures du retranchement, p. 379.
      • Figures du franchissement, p. 381.
      • Figures de l’égarement, p. 382.
      • Figures de l’effacement, p. 383.
    • Objets : du débris à l’indice, p. 385.
      • Traces et restes, p. 385.
      • L’objet comme liant spatio-temporel et vecteur de porosité, p. 387.
      • Guides, cartes, itinéraires et autres « modes d’emploi » spatiaux : des objets en mal d’autorité, p. 387.
      • D’étonnant indices, p. 388.
    • Vacillements de l’autorité, vacillements de l’espace, p. 390.
    • Réticences et excès descriptifs, p. 391.
      • Aveuglement, opacité, p. 394.
    • Figures du corps poreux, p. 395.
    • Discontinuités du récit : fragment, vitesse et ressassement, p. 397.
      • Poétique de l’espace incertain : vers une synthèse, p. 398.
      • Tentatives de mise en forme du monde : entre ritualisation et destruction, p. 400.
  • Bibliographie, p. 407.
  • Note, p. 428.